
Apres l'antarctique, il nous reste un petit reliquat de jours. Plus que deux semaines et on sera bien oblige d'emprunter un chemin aerien tortueux (Ushuaia, Santiago du Chili, Madrid et enfin Nice) pour revenir chez nous. C'est en meme temps avec joie qu'on envisage ce retour aux sources, tout en ayant le desir de poursuivre encore ce voyage. Le mois dernier, vous nous auriez demande si l'ont voulait rentrer et on vous aurait dit oui sans hesitation... Maintenant, a moins de 5 jours, la reponse est beaucoup plus floue. Ce n'est pas de la peur de ne pas se sentir bien, de reprendre notre travail ou de faire un nouveau morceau de vie... Il y a encore tant a decouvrir, que le temps passe nous parait derisoire. Je sais que la plupart d'entre vous pense que 12 mois c'est deja extraordinaire... mais, maintenant on en voudrait bien un peu plus... Quand je repense a l'Inde, notre pays de demarrage de ce periple, cela me semble confusement proche et dans le meme temps faire partie d'une autre vie...
Beaucoup se demande si on a change !!! Je n'ai pas ce sentiment, mais surement qu'il y a quelquechose de different, sinon a quoi bon cette grandiose experience ! En tous cas, nous n'avons pas aux levres ce que nous entendons de nombreux tourdumondistes, a savoir qu'ils leur faut imperativement changer de vie en rentrant... Nous, c'est autre chose. On se sent plus concerne par la partie de la planete qu'on connait, on a des visages de toutes les couleurs et morphologies graves a jamais dans nos coeurs et un tres solide et tenace desir d'ailleurs qui perdure.
Bien sur a la veille de Noel, moment traditionnel de retrouvailles en famille, on est un peu esseule, mais on a retrouve notre super copain de voyage qu'on affectionne beaucoup, le tres fameux Tanguy (jettez un cil sur ces exploits sur http://lesflaneriesdetanguy.hautetfort.com ) et on pourrait dire que la boucle est ainsi presque bouclee, puisque nous l'avions rencontre en Inde. Se retrouver n'a pas ete chose aisee, mais maintenant que c'est fait, on fete la naissance du p'tit Jesus ensemble, ainsi qu'avec une de ses amies, Gaelle, dans un camping a cote du glacier Perito Moreno, l'un des plus grands du monde !!!
Mais revenons a nos dernieres peregrinations. On decolle d'Ushuaia pour atterir en tres peu de temps a El Calafate, plus au nord, proche de la frontiere chilienne. Oui, j'entend bien, l'avion !!! Mais la, nous avons fait une overdose de bus et la terre de feu ainsi que la patagonie sont si longues a parcourir, qu'on s'est fendu de quelques billets... Incroyablement, et contre toutes mes idees recues (j'en ai encore beaucoup en stock malgre mes promesses de ne plus en avoir...), El Calafate s'avere un lieu bien plus onereux qu'Ushuaia... Mais bon, le Fitz Roy est proche tout comme le massif Torres del Paine et le glacier Perito Moreno... Les deux superbes massifs montagneux etaient notre cible de trek et devaient remplir tout notre temps, mais le Torres cote chilien necessitait 5 jours de portage et je ne me suis pas sentie assez vaillante. De plus, j'avais louche sur une revue qui presentait non loin de la (juste quelques 100aines de km de piste caillouteuse...) la presence de dauphins et de pingouins, alors ???
Alors, la decision a ete vite porise, enfin vous savez que nous avons tendance a hesite pendant un certain temps... Mais une fois decides, le planning a ete vite etabli. Quelques jours en trek autour d'El chaten, ou nous avons eu la tres grande chance de voir le Fitz Roy bien qu'ennuage. Magnifique campemant dans un environnement sauvage splendide. Un petit bosquet habites d'une nuee d'oiseaux, au pied d'un glacier au bleu intense, encadre par des montagnes portant un cache nez nuageux plus ou moins dense... En cours de marche, arret pour observer un spectaculaire panache rouge d'un pivert en train de debusquer un vert dans une ecorce. Chemin longeaunt des lacs aux brillances changeantes sous l'influence d'un vent tenace et jamais absent, et puis ses majestes les montagnes nous font grace de se montrer des notre arrivee. C'est a peine croyable car nous avons rencontre tellement de gens qui sont restes longtemps ici sans pouvoir les apercevoir ! De fait, on avait prevu beaucoup plus de jours a se balader autour. Mais la, rien ne pourrait etre plus beau, ce qui nous fait decider d'accelerer notre retour a El Calafate, de louer une voiture pour partir sur la cote atlantique voir une peu la faune du coin...
Quel sentiment de liberte retrouve que d'etre en voiture, avec l'autonomie pour manger et dormir. Comment pourrait-on expliquer ce sentiment, nous qui sommes libre de toutes contraintes depuis longtemps ! Et portant, des les 1ers km, le fait d'etre seul au milieu de la patagonie nous rempli de joie. Aucune voiture a l'horizon, mais des guanacos par troupeaux d'une dizaine de tetes, des nandous (cousin des autruches) qui nous font penser a bip-bip, tous avec leurs petits car c'est ici le debut de l'ete mais je vous rassure on n'est pas sous les tropiques et les petits 16 degres accompagnes de vent nous feront une transition suffisante pour rentrer en France ou le grand froid a parait-il commence.
Par bonheur, on s'attarde a l'observation de tatous, maras, oiseaux et bousiers... ce qui rend ces longues pistes rectilignes moins monotonnes. La vegetation se fait rase pour resister a des vents violents, s'y mulptiplie les epineux pour tenter de repousser tous ces herbivores et puis enfin la cote abrupte qui s'acheve souvent en falaise blanche se noyant dans une eau glacee.
Nous avons la chance de voir de magnifiques parcs naturels sans ames qui vivent ormis celle des colonies de pingouins qui par plusieurs dizaines de milliers de couple s'affairent autour de leur "pichones" qui viennent de naitre. Incroyable d'etre si proche de ces petits bebes duveteux et replets qui commencent a peine a se dresser quelques instants sur leurs pattes. Alentours, les gaviottes sont a l'affut au dessus des terres. Car les Magellans viennent nicher sur terre, en creusant un renfoncement en dessous des buissons pour se proteger des predateurs. Quasi chaque couple a deux petits mais seulement la moitie d'entre eux survivront, l'aine etant celui qui mange en priorite...
Je fais une petite incartade pour Anthony, qu'il me pardonne encore d'utiliser le terme pingouins, mais les francais sont les seuls a opposer une distinction entre les bipedes du nord et du sud !!! Alors, je suis la majorite de ce que j'ai entendu en anglais et espagnol ! Il faut toujours qu'on arrive a se dintinguer d'une maniere ou d'une autre nous les francais !!! Mais je te fais une grosse bise quand meme !
Bref, on reste perdu au milieu de nulle part dans la contemplation de ces nouveaux nes qui prendront la mer dans 3 mois pour remonter vers les cotes bresiliennes. Entre temps, camping, pates sur le rechaud par une temperature qui baisse a mesure que le vent se fait plus pressent. Il nous etrille les oreilles, souleve des tornades de gravillons et nous mangerons de la poussiere par paquet. Mais qu'importe, nous voila tombe amoureux des pingouins et manchots...
On remonte la cote jusqu'a Puerto Deseado, point principal de depart pour d'une part voir les dauphins de commerson. Absolument magnifique, mais je vous laisse regarder les photos pour voir de quoi je parle. Et puis, a quelques encablures de la, il y a une ile qui nous attire comme un aimant. Elle est actuellemnt peuplee par des manchots a crete jaune, il nous a fallu un certain temps pour comprendre qu'en francais c'etait les fameux macaronis. La boucle serait la encore bouclee car nous aurions pu quasiment observer toutes ces sortes d'oiseaux... enfin presque. Nous restons 3 jours a Puerto Deseado en implorant le vent de se calmer car tant qu'il y a du vent le bateau ne peut pas sortir. On rage, a seulement 30 km de ces oiseaux qu'on ne peut voir qu'ici ou a l'isla de los estados, les malouines ou encore plus loin que la ou on a ete en antarctique... Malgre nos voeux nous repartons sans les avoir vu, le vent est du reste de plus en plus violent et nous oblige a faire des effort surhumain pour marcher dans le parc national de la foret petriphiee (arbres fossilises datant d'il y a 150 millions d'annees) et nous fait avoir quelques frayeurs d'essences tant on consomme plus que de raison...
Vite vite, on retourne a El Calafate ou l'on doit retrouver Tanguy et Gaelle pour Noel. Nous venons juste d'y parvenir et je ne pouvais pas resister au plaisir de vous presenter nos voeux pour la fete de demain, que votre sapin soit bien garni, le repas succulent et la compagnie agreable pour tout le monde. Pour nous pas de sapin, mais un noel a cote d'un glacier ca doit etre sympa aussi, enfin je vous dirai tout ca dans quelques jours !
Joyeux noel a tous ! tres grosse penssee a nos familles et bien sur papouilles aux copains !
Par Cathy
| Décembre 2009 | ||||||||||
| L | M | M | J | V | S | D | ||||
| 1 | 2 | 3 | 4 | 5 | 6 | |||||
| 7 | 8 | 9 | 10 | 11 | 12 | 13 | ||||
| 14 | 15 | 16 | 17 | 18 | 19 | 20 | ||||
| 21 | 22 | 23 | 24 | 25 | 26 | 27 | ||||
| 28 | 29 | 30 | 31 | |||||||
|
||||||||||
Commentaires