Publicité

Le retour

Mercredi 3 janvier 2007

Voila je reprend un peu la plume après que les bulles de champagne aient commencé à se dissiper. Du dernier article, 6 jours se sont passés et vous les conter n'arrivera pas a refléter l'effet tourbillon que nous avons ressenti, mais comme on dit « A coeur vaillant rien d'impossible », alors nous allons tout de même tenter la narration.

 

 

 

 

Nous décollons d'Ushuaia avec un peu d'appréhension, car on sait qu'en grimpant dans le coucou, tout va aller crescendo autant pour la vitesse de déplacement que pour nos émotions, alors on part de la Terre de feu le coeur joyeux mais un peu anxieux tout de même.

 

 

 

 

L'arrivée à Santiago du Chili nous permet de revoir Alvaro et Patricia, le géologue de l'expédition en Antarctique et sa femme, avec qui nous avions sympathisé et qui nous ont invité chez eux. Là, on rencontre leurs enfants fort attachant qui nous offrent une bouteille de vin chilien afin qu'on ne les oublie pas. Le temps glisse et après un petit tour de Santiago, les au revoirs se précipitent. Bises appuyées et promesses de nous revoir en France, nous filons vers l'aéroport après nous être fait sermonner ! Eux qui habitent si loin du vieux continent le connaissent certainement mieux que nous, et ils nous ont bien fait sentir notre faiblesse de voyageur ! Nous sommes donc bien décidé à remédier à cette méconnaissance et prévoyons d'aller nous balader dans un futur assez proche pour découvrir capitales européennes pour.

 

 

 

 

L'avion qui nous ramène en Europe nous fait transiter par Madrid et pour l'instant c'est comme un sas de sécurité, on y parle encore espagnol et nous ne savons pas comment nous allons réagir avec une foule de gens qui parlera bientôt uniquement français autour de nous... Bien que la famille nous ait envoyé la nouvelle réglementation des aéroports, on tempête contre les douaniers qui ne parviennent pas à nous expliquer en quoi il y a une différence entre une bouteille de vin chilien non ouverte et une bouteille que l'on achèterait dans un des nombreux duty free des aéroports ! On fulmine, et nous ne nous soumettons pas à laisser notre précieux liquide à ces fonctionnaires qui collectent déjà moult objets. D'ailleurs qu'en font-ils ensuite ? Si au moins c'était revendu à l'arrivée des autres passagers qui sont peut-être dépourvus de tire bouchon, ciseaux... au titre d'une oeuvre de charité !!! Mais non, pour cela il faudrait avoir un peu de jugeote et visiblement là, la tête ne semble pas s'animer. Jéjé décide de partir en quête de trouver quelqu'un qui puisse répondre sur la dangerosité de cette bouteille qu'on finit par enregistrer dans notre petit sac à dos (nos sacs à dos allaient en effet directement de Santiago à Nice). Apres plusieurs questions, les personnes répondent invariablement que c'est pour la "sécurité", oui, soit, mais sécurité de quoi ? Enfin, une personne plus avisée, nous explique que la dangerosité tient au liquide et non au contenant tel que nous l’avion cru... Mouais ! Moi j'y vois bien un truc pour obliger les passagers à consommer dans les aéroports bouteille d'eau vendues a un prix exorbitant, et peut-être aussi pour relancer une consommation si les industriels se sont entre temps mis a fabriquer des tubes de dentifrices de 100ml... De nous obliger à nous balader avec des sacs plastiques transparents de 20*20cm nous semble bien inutile, vu qu'ils risquent malheureusement d'aller fleurir quelques espaces verts... Dire qu'on est enfin à l'heure ou les sacs en plastics ne sont plus distribués dans les supermarchés ! Je ne vous dis pas tous les ravages que l'on a pu constater de part le monde avec ces sachets au demeurant bien innocents... Bref, autant vous dire que le 1er contact avec l'Europe nous glace un peu et nous montre notre décalage. Comme il fut agréable de vivre sans toutes ces règles... Bref, pour tuer un peu des trois heures de transit restantes, je jette un cil dans les vitrines et là, je manque de succomber à une attaque foudroyante des pancartes écrites en euro : pensez donc une simple chemise à carreaux dans les 87 euros ! Non, il me faut me ressaisir et ne pas penser à combien de jours on pourrait vivre à deux avec cette somme ! De même, il ne faut pas que je pense que non content de les vendre à des prix monstrueux, ces vêtements sont très certainement fabriqués à moindre coût dans un pays d'Asie... Bon,  pour en revenir à ce qui nous a fait pester, je tiens à vous dire au passage, que j'ai fait tous les trajets aériens avec un briquet en poche ! Bonjour la sécurité !

 

 

 

 

Voila, en deux secondes, on se sent complètement perplexe, sur ce monde dans lequel on a du mal à se reconnaître et dans lequel il va pourtant bien falloir qu'on rentre, tout du moins un petit peu. Si nous avons ressenti fortement des contradictions dans d'autres pays, celles d'Europe nous sautent aux yeux comme jamais.

 

 

 

 

L'avion est fin prêt, le départ d'Espagne nous fait longer la chaîne des Pyrénées qu'on trouve incroyablement petite. Les seuls autres paysages que nous apercevront, sont l'usine de Jéjé qui est toujours là et la plongée vers la Baie des anges, nous fait avoir une attaque de panique lorsque l'on reconnaît l'autoroute où cheminent des voitures très serrées et dont le nombre nous parait démentiel. Il est vrai qu'on sort d'un pays plusieurs fois grand comme la France et peuplé seulement de quelques millions de personnes, dont les 3/4 vivent dans la capitale...

 

 

 

 

Atterrissage et récupération des sacs... Notre respiration est plus difficile car on sait que derrière les vitres se trouve notre famille. Cela marque en partie la fin de notre périple. Quelques larmes s'échappent malgré nous lorsque l'on se dit quelle chance nous avons eu et aussi à quel point ce voyage nous a rapproché. Nous qui avons toujours vécu assez indépendamment,  sommes à présent et de façon indescriptible "en fusion". Nous qui étions anxieux de demeurer 24 heures sur 24 ensemble, nous voici fébrile quant à l'idée de nous "détacher" pour reprendre le travail et la vie de tous les jours...

 

 

 

 

Nous passons enfin la dernière porte de l'aéroport de Nice, et là difficile d'embrasser tous les présents du regard parce que Maël et Margaux nous sautent dessus. Une grande vague de joie nous étreint, ma mère nous dévore des yeux ; mon père avec le bras en écharpe s'agite pour cacher ses yeux un peu trop brillant ; Denise, mon oncle et ma tante ont une banane en forme de sourire qui leur barre le visage ; Isa et Pascal commencent déjà à nous bombarder de questions tandis que le pote Christophe nous demande comment ça va...

 

 

 

 

Dur dur de répondre à tous en même temps, on est comme dans un rêve mais d'entendre tout ce français nous parait très étrange, et c'est bien fatiguant aussi. On se délecte de chacun lors d'une grande tablée pour déguster des moules frites. On parle avec tous à la fois, les questions fusent mais ce soir, c'est nous qui sommes en manque de l'histoire des autres et on ne veut plus trop se raconter pour l'instant. Doriane me parle de son petit bidon où une petite fille grandit depuis quelques mois ; on réévoque le goûteux bife de lomo avec Isa et Pascal ; mon père nous dit que demain soir il nous racontera tout... C'est le moment ou on reste seul avec ma mère au pied d'un sapin si bien garnis que l'on pourrait croire à une tripotée d'enfants qui sont attendus, mais non, c'est juste pour nous deux... On blague jusqu'à 6h00 du matin et on sombre pour quelques heures avant de partir chez mon père qui nous conte les mésaventures de papiers et de véhicules, puisque c'est lui qui a géré pendant notre absence. Entre bonnes nouvelles et temps passé à résoudre les difficultés, on rattrape les mois perdus sur quelques petites heures, sans que ce soit tout a fait fini.

 

 

 

 

Mais demain, on se lève très tôt car... On n'a pas pu s'en empêcher ! Oui, on reprend l'avion pour aller sur la région parisienne où les parents de Jéjé séjournent chez Sandra et Vincent...

 

 

 

 

Nous retrouver dans un avion nous parait la chose la plus naturelle, encore des retrouvailles émouvantes, des plateaux de fromage qui puent à engloutir pour parvenir à combler nos manques et la dernière journée de 2006 s'écoule comme si de rien n'était sous les assauts de l’intrépide Quentin. Il me manque encore de voir mes neveux, mais je pense qu’on pourra quand même le dire : qu’est-ce qu’ils ont grandi !

 

 

 

 

Là, je vous écris avant de redescendre voir la famille sur Nice. Nous avons fait plein de voeux pour cette nouvelle année, et je souhaite plein de bonheur à tous ceux qui nous ont suivi pendant 2006. Comme je sais qu'il y a des aficionados du blog, je vous rassure il ne s'arrête pas tout de suite, car la réintégration sociale mérite à mon avis encore quelques écrits.

 

 

 

 

Peut-être qu'après tout ça, on pourra enfin répondre à la question majeure que l'on nous pose tout le temps : "Alors, avez-vous changé ?"

 

 

 

 

Encore bonne année a tous,

 

 

 

 

Par Cathy

 

 

 

 

 

 

 

Par Cathy Jéjé
Ecrire un commentaire - Voir les 22 commentaires - Recommander

Calendrier

Novembre 2009
L M M J V S D
            1
2 3 4 5 6 7 8
9 10 11 12 13 14 15
16 17 18 19 20 21 22
23 24 25 26 27 28 29
30            
<< < > >>

Recherche

Créer un blog sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus