Six jours nous ont permis d'explorer Kathmandou et sa vallee. Cette destination nous avait fait rever a la lecture de differents recits, et pour partie cela s'avera certain, mais pour partie seulement.
Apres l'Inde, nous n'avons pas ete effrayes par les vendeurs de tous poils du quartier de Thamel (quartier ou nous avons reside comme tous nos homologues etrangers) tant decries par les recits des differents touristes que nous avons croises, consideres comme de veritables sangsues... Mais il est vrai qu'apres l'Inde tout nous semble plus tranquille. On imaginait Kathmandou entourree de villages particuliers et en finalite la ville s'est tant etendue qu'une megapole geante s'offre a nous.
Quelques perles parfois s'y sont accrochees et avec quel delice nous avons fouine dans les rues medievales de Barathpur... Notre grand amusement quotidien consistait a dejouer les peages a touristes, et uniquement pour eux, qui sont implantes dans chaque principal acces de tout endroit ou il y a quelquechose a voir... De fait, nous avons furete dans beaucoup de petites ruelles, se perdant, s'egarant, sous l'oeil plutot amuse de quelques habitants qui, loin de nous denoncer, nous regardaient simplement passer... Certes, nous aurons fait quelques economies...
D'autres Durbar square, places monumentales ou s'empilent temples et bien evidement les boutiques... Mais apres la finesse des temples jains en Inde, j'avoue qu'il est bien difficile de s'extasier devant ceux-ci pourtant particuliers, issus de l'art des newars, qui allient savament la brique rouge et le bois sculpte...
Enfourchant une moto, nous avons pousse le trait jusqu'a Nagarkot au nord esperant voir la chaine de l'everest. Heureux de cette libre velocite apres tant de journees pedestres, nous ferons fi des averses toujours plus drues qui nous ont rattrape... Pas de montagnes en vue donc, mais une sympathique soiree musicale improvisee avec un marchunga (sorte de guimbarde) une guitare et un gros morceau de bambou au son grave dont j'ai oublie le nom. Le lendemain matin, toujours pas de montagnes et de lourds nuages qui ne semblent pas vouloir faire place nette. Tant pis, nous repartons sous la pluie ! Un exercice de felicite pour Jeje, lui qui revait de faire du cross... Le voila bien servi d'autant qu'evidement, on prend une petite route sur la carte, pour voir la vraie vie ; d'autant, ca n'etait qu'un petit chemin de terre qui s'est bien vite transforme en reliefs boueux.
Ainsi, crottes, trempes mais heureux des prouesses du conducteurs, nous avons contemple longtemps la piete des boudhistes et tibetains, venus pour faire le pelerinage autour du tres grand stuppa de Bobbanath.
Dans tout ce fracas de ruelles sombres, au milieu des coupures sauvages d'electricite intervenant sans crier gare, nous nous sommes fait une delectation culinaire bien de chez nous apres quelques trouvailles miraculeuses : pain, roquefort et vin rouge du pays d'Oc... Nous aurons fait revivre avec une emotion toute religieuse des saveurs oubliees depuis deux mois, poussant meme la bigoterie a ne laisser aucune miette ni goutte du precieux nectar hors de notre gosier.
Au Nepal, il nous faudra revenir car tant de montagnes sont encore a decouvrir et la population est si charmante lorsque l'on marche a leur cote. Le Lantang semble magnifique, la montee en 15 jours au camps de base de l'Everest parait dementielle, le haut Mustang interdit nous attire comme un aimant. Faineant face a l'epreuve indienne de nous rendre a Bombay, nous finirons par acheter un vol Kathmandou - Bangkok.
Nous retrouvons avec plaisir ces Thais a la levre boudeuse et au langage chantant. Mais que de changement en cinq ans ! Que tous ceux qui ont connus un Kao San Road emplis de babas chevelus et de guest house soient pret a la mutation... Maintenant les ruelles alentours ont de beaux trottoirs ou sont pavees, beaucoup d'hotels rutilents, et des supermarches de toutes vocations ont remplaces les petites boutiques pleines a craquer. Des vitrines europeennes, nous avons peine a nous retrouver mais tout de meme il existe quelques constatntes. Tout d'abord, une speciale et primordiale pour Stephanie, les pancakes banane lait nestle chocolat existent toujours et sont toujours aussi succulents ! Ensuite, on a retrouve le calme de notre salon de massage dans une petite ruelle. La, silence et tenebre pour laisser cours aux doigts intransigeants qui nous fourbissent les muscles noueux. En somme, un vrai p[laisir de se faire etirer en tout sens tels de vieux chiffons. C'est qu'on en a acquis quelques uns des muscles en marchant ! Jeje arbore fierment sa nouvelle plaquette de chocolat en lieu et place d'abdos. Quant a moi, j'ai quand meme garde l'emballage autour en kit de survie, sait-on jamais...
Nous decollons demain soir pour Rangoon, Myanmar (ou Birmanie si vous preferez)apres 4 nuits de repos a Bnagkok. Nous arpenterons les chemins birmans jusqu'au 11 avril (vol Rangoon - Chiang Mai), sans savoir s'il nous sera possible de vous donner des nouvelles par internet. Nous vous saluons bien du haut de nos 36-38 degres qui nous assoment...
Cathy et Jeje

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