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Bresil

Jeudi 14 septembre 2006
Voila, Porto Alegre est deja derriere nous, devant il y a Florianopolis, dans l'etat de Santa Catharina ! Encore un peu de bus... Il me semble que nous avons une overdose omnibusale... Dernier coup d'oeil au guide du routard sur Floripa pour savoir a peu pret ou l'on va et nous descendons sous un deluge malvenu, dans une grande gare routiere moderne et desertique.
Il est minuit... Heure du crime ? Bien sur sous ces rideaux de pluie, on se dit tant pis on s'offre un taxi ! Que nenni ! C'est bien trop proche et le taxi ne veut pas se deplacer pour rien en allant a l'hotel  Cruzeiro "env. 40Rs la chambre pour 2 avec ou sans salle de bain propre et sur, accueil tres sec" (dixit le guide du routard).
En fait, ce sera 50 (env. 20 euros quand meme !), tout est vrai pour la qualite de l´accueil, soit horrible, mais la surprise c´est la salete : par terre, on devine le plancher sous des traces suspectes de sperme qui orne aussi la table, quelques etuis de preservatifs,,, on n´a pas regarde plus ! Un enorme rouleau de papier toilette faisait office de deco !? Pourquoi donc puisque les wc etaient bien loin et que les gens utilisateurs ne devaient pas connaitre l´hygiene... Les lits avaient du etre utilises sans avoir ete changes !!! Du coup, on a mis nos matelats sur les matelats, drole d´histoire ! En sortant, on croise un transexuel... Curieux ! Et puis d´autres dames legerement vetues et plutot diformes ont fait beaucoup d'aller et venues. Bref, c´etait vraiment cauchemardesque. Du coup, des le petit jour, on va vite a l´office du tourisme, incompetence exemplaire et on s´apercoit, mais bien sur trop tard, qu´ils sont en cheville avec les hotels. Petite arnaque ???
Pourquoi sommes-nous restes? Primo, il pleuvait, 2ment on etait fatigue, 3ement et non la moindre, nous etions en pleine dispute (c´est toujours comme ca dans ces moments de grandes detentes, non ?) et j'etais morte de trouille dans la rue donc, nous avons decide de rester dans cet hotel de drogues (selon le qualificatif de l'office du tourisme)...
Mais le bresil est-il toujours comme ca, a part Gramado ??? Ce n´est pas la bonne saison pour les plages... Surement beaucoup mieux en ete mais dementiellement onereux, et en plus les gens, sauf le petit couple de bresilien qui nous a pris en stop, en voyage de noce, a Gramado, sont beaucoup moins ouverts et chaleureux qu´en Argentine. Nous pensions bien l´inverse avant d´etre au Bresil. Imaginons que ce soit particulier au sud... mais pour l´instant ca ne nous donne pas tres envie de poursuivre. On vous epargne la galere pour trouver les bus, bien sur toujours compare a l´Argentine ! On n´evoque meme plus la terre benie des voyageurs qu´est l´asie ! De surcroit c´est vraiment tres cher ! Bon, ca fait seulement 4 jours qu´on est au Bresil... On va essayer de se calmer...
Mais rassurez vous tout va bien, du coup on ne va quand meme pas deprimer d´etre en vacances ! Histoire de rajouter des depenses, nous avons loue une voiture pour faire le tour de l´ile de Floripa suite a l'experience ou l'on a mis plus d'une heure pour faire 19 km avec 2 changements de bus !!! C'etait super et en prime un soleil aveuglant, donc le moral est reparti en fleche et heureusement car depuis l´arrivee sur le territoire bresilien, peu de belles journees.
Magnifiques petits villages de pecheurs dans le sud qui ponctuent des paysages sauvages. De temps en temps, petites pauses en face de surfeurs qui jouent avec les vagues, et decouverte de superbes plages... La, nous sommes en plein dans les cliches ! Surfeurs s´echauffant sur la plage tout en scrutant, tels des piquets, la bonne vague pour partir ; les copines de surfeurs qui les attendent en bronzant avec des maillots les plus petits que nous ayons  jamais vu, encore plus mini mini qu´a la tv !!!! Mini ficelles pour le bas... donc on en deduit qu´il ne peut pas y avoir de poils !!! Meme le ticket de metro serait un peu large, c´est pour dire. Quant au haut, mini triangle qui couvre a peine l´aureole mammaire. OUPS. Tout ce petit monde passe son temps a se mater, a regarder s´ils sont dans des positions qui les avantagent... La marche sur le sable ressemble a une competition d´ondulations... Et puis, on a vu pour de vrai nos premiers faux fessiers, des levres au botox a foison, des abdos de chirurgie esthetique, de faux molets pour les hommes...
Bref, un monde bien etrange, interessant et rigolo...
Par contre, une image terrible : la cop´s du surfeur qui trotine des qu´il sort de l´eau pour lui tenir sa planche pendant qu´il prend sa douche ! Un regain de feminisme m´a fait bouillir, mais bon autre pays, autre moeurs !
Voila, apres cette ile, 2 jours de bus pour aller jusqu´au Minas Gerais, etat au dessus de Rio de Janeiro ou il y a des mines a profusion, l´histoire de la ruee vers l´or, de l´esclavagisme... de la chistianisation. Mais petit pied de nez des esclaves avec synchretisme des saints chretiens avec les religions d´afrique. Ainsi, sainte Barbe est toujours dans les mines, mais c´est aussi l'esprit de la beaute, a qui l'on offre des rouges a levres...
Voila, c´est le royame des pierres precieuses et d´ailleurs nous avons bien craque, aie aie, il y a de magnifiques ametrines... Un pure merveille !
Nous avons particulierement aime flaner dans les petites rues d'Ouro Preto qui a toute heure etait cernee par des brouillards epais et donnait a la cite coloniale des airs mysterieux. Toute etendue sur des collinettes bien abruptes, je salue particulierement les performances des bresiliennes perchees sur des talons hauts sur les paves inegaux et vertigineux. Moi, avec les chaussures de marche ce n'etait pas toujours simple avec la pluie, mais la, chapeau !
Bien, il est temps de partir pour Rio qui m'attire et me fait tres peur, tant les histoires de violence sont repandues. Inspire, expire, allez Cat tu vas y arriver ! Bon, petites Caipirhinas pour se donner du courage... Que c'est diaboliquement bon ! Mais quel mal de tete pour affronter une nouvelle bonne journee de bus, en fredonnant "Si tu vas a Rio, n´oublie pas de monter la haut..."
Esperant qu´il fera plus chaud car jusqu'alors nous n'avons pas quitte nos affaires du Nepal. Vous trouvez ca incroyable ? Figurez vous que moi aussi ! Mon cliche preconcu du Bresil, c'etait entre autre chaleur a gogo ! La, aux infos, entre deux blablas des candidats aux elections pour les deputes, senateurs et president (ca a lieu tous les 4 ans et l'on vote pour tout le systeme en meme temps dans toute la federation bresiliene) on regarde la neige tomber dans l'etat du Rio Grande do Sul.
Dans le bus, heures de tchatche avec Ivon francais et son epouse bresilenne Claudia. Grands echanges, promesses de retrouvailles a  Rio... Nous partageons le taxi pour le celebrissime quartier de Copacabana. C'est bien sur la nuit, et ma trouile et parano ne me laisse pas en paix. Comme de juste, les auberges de jeunesse sont ultra pleine puisque... c'est un grand pont pour feter l'independance ! (GGRRRR les jours feries quand on n'est pas au courant !). Le taxi nous mene non loin pour louer un appartement et heureuse surprise, c'est le meme prix que la chambre en AJ ! Extra, notre premier chez nous depuis 8 mois ! De fait, impossible de vous parler des restos cariocas car on s'est jette sur la cuisiniere... Ces trois nuits chez nous nous ont fait un bien fou, meme si on doit vous avouer y etre peu restes.
Tour en bateau sensas dans les magnifiques baies de Rio, barbecue a bord... et caipirhina a volonte (trop dur) organise par l'AJ. On sympathise avec allemand, americaine, bresiliens, anglais, australiens, francais... une vrai auberge espagnole ou toutes les langues s'entremelent et ou il faut changer de langue des qu'on change d'interlocuteur ! C'etait genial !
Nous sortons donc en troupeau pour prolonger cette super ambiance, mais attendons la fin de journee de travail de ceux qui bossent a l'AJ. Direction, a 1h00 du matin : Lapa... un quartier tres chaud... On prend le bus, ce qui bien sur n'est pas fait pour me rassurer. 1h00 du mat et le chauffeur pretend se mesurer a Ayrton Senna en pilotant le bus et faisant fi des feux rouges, des voitures... On apprend qu'il est paye a la rotation... Tout s'explique mais quelle frousse ! Un cours de muscu gratuit tellement il faut se cramponner !
Lapa, tres renomme pour les sorties le soir est un enorme quartier de beuveuries et autres... Un autre monde ou toutes les couleurs de peaux sont melees, ou les policiers engonces dans les gilets pare balles, armes de fusils a pompe regardent passivement les dealers qui font un commerce florissant a a peine 1 metre et sans aucune cachoterie... Partout c´est sale, dechets et immondisses embaument jusqu´a l´ecoeurement et pourtant !
Des tambours frappent un peu, un attroupement se fait et le samba commence... Des femmes de toutes formes sont vetues de facon minimaliste et s´activent a se remuer mais j´avoue que les meilleurs "danseuses" ce soir la, sont les travestis qui sont ici legion. Les hommes, enfin pas tous, changent de temps a autre la position de leur revolver dans le pantalon car ca semble gener pour la danse !!! Entre temps, des copains de soiree se sont fait faire les poches... plus tot (vers 18h00) un autre s´est fait braque avec une arme sur la plage et 6 jeunes hommes l´ont deleste de son appareil photo pourtant cache et de 40 euros... La violence transpire ici et pourtant...
Moins de monde dans les rues a 4h00 du mat, on decide de ramener une americaine, Diana, 40enaire, qui a bien bu et qui ne s´est + trop ou elle en est. Nous, on s´est contente d´une biere et on a oublie de se lacher dans cet environnement un peu particulier... Mais on avait des restes de Caipirhinas d´une autre soiree, dans un endroit beaucoup plus zen... On remonte dans un bus avec des gens normaux et des tres tres bizarres. Rien ne s´est passe, mais nous etions sortis quasi nus, avec a peine de quoi boire un verre et bien sur la traditionnelle monnaie pour le bus...
Bref, Rio est bien pour faire naturellement des abdos avec le stress !
Allez, apres cette nuit,  on se la joue moins baradeurs et allons visiter le Corcovado et le Pain de sucre avec les copains de l'AJ. Des vues merveilleuses nous font decouvrir de haut un Rio magnifique. Les deux sont vraiment differents, mais bon nous avons un petit faible pour le Pain de sucre, alors si vous etes de passage, ne vous laissez pas rebuter par le prix du telepherique comme nous avons failli faire et allez y !
Le soir, retrouvailles avec Claudia et Ivon qui nous invite a manger des feijaos.
C'est tres diethetique !!! La cuisine que l'on mange partout et la plus economique (mais, on va vous dire, on adore) ! On prend une bonne assiette : une louche de riz, une louche de feijao (haricot noir) par dessus, une autre louche de pates bolognaises, viande et parfois salade !!! et apres, on roule tellement nous sommes gros et ronds !
Apres ce succulent repas, petit taxi car on va a Mangueria : une des ecoles de samba les plus connues et bien entendu au pied d´une favela. Nous penetrons dans un immense gymnase ou s´entasserons durant la nuit 8000 personnes, rien que ca ! La lumiere est tres crue et j´en suis encore a me demander comment expliquer une telle difference d´ambiance par rapport a chez nous, ou des que la lumiere n´est pas la plus tamisee possible, personne n´ose s´elancer sur la piste. La, c´est visiblement un terrain de basket avec au premier etage des petites loges ouvertes ou se pressent differents chanteurs et musiciens, le plus grand espace accueillant bien sur les nombreux percussionistes. Le samba qui nous accueille est pour l´heure tranquille car les percus ne sont pas de la partie. Lisa et Claudia nous initient aux pas de base. Quelque chose se prepare, un homme hurle dans son micro le principe : ce soir, test des meilleures chansons pour representer Mangueira au carnaval. Pour ce faire, des juges sont partout aux balcons, sur la piste et sur les cotes et regardent la foule afin de determiner l´air le plus facilement retenu et les ryhtmes ou l´on se dechaine le plus. Aussi, a chaque nouvelle sequence, chanson qui dure au minimum 15 minutes, nous sont distribuees les paroles. Les percussions viennent terriblement augmenter le volume sonore, c´est monstrueux : le ryhtme nous penetre de toute part et serait bien curieux celui qui pourrait rester impassible face a ce dechainement de notes endiablees. Deja nos jambes ne repondent plus de rien, et l´on s´elance sur la plus belle des pistes. Se cotoient ici toutes les classes sociales, toutes les couleurs, tous les ages. Un papi octogenaire m´attrape au vol et nous partons pour deux tours de gymnase sur le pas du defile. Une grand mere aux cheveux tous blancs garde son petit gilet de laine malgre une chaleur dementielle et bien qu´elle soit a bien des egards beaucoup plus dynamique que nous ! Heureusement, les organisateurs penseront aux ventilateurs et brumisateurs geants et quand rien n´y fait plus, dans un delire de liesse et de jambes ensorcelees, ouverture du toit, jets de confettis, paillettes et feux d´artifice ! Ma foi, ce n´est que depuis un mois que les repetitions ont repris, qu´est-ce que ce doit etre au carnaval ?!
Les rythmes s´alternent avec frenesie, les jambes accelerent en consequence, ce qui me semble surhumain... On dirait que les danseurs de samba ne sont pas constitues comme nous, ou alors ils ont les jambes de Superman ! Bien loin de nous l´idee de parvenir a cette cadence que des petites filles de 6-8 ans tiennent en rigolant avec un grand-pere dans une sorte de defi sympathique. Ouf, heureusement, ici tout le monde ne semble pas danser a la perfection, mais le point commun de chacun, c´est cet immense sourire fige facon banane. Apres 5h00 de danse ininterrompue, nous jettons l´eponge et les chaussures de marche pesant trois tonnes, nous decidons de rentrer pour quelques heures ou le rythme a decidement bien du mal a quitter notre corps. 9h00 du matin, vite vite, une nouvelle etape de 24h heures de bus nous attend avec pour recompense de voir Nath et Fred qui visitent l´Argentine.
Bon, on repart a Iguazu, mais la c´est un autre pays, alors pour cette fois rien de plus que de vous dire que de repenser a cette nuit de folie en samba, j´ai les pieds qui bougent tou seul ! C´etait monumental ! Pourquoi n´y a-t-il pas ces moments de joie populaire partages chez nous ???
Par Cathy
Par Cathy Jéjé
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